4 MAI : JOURNEE INTERNATIONALE DES POMPIERS

Soldats du feu

La pandémie inédite que nous vivons actuellement met en lumière ce métier et notamment sa particularité qui est que, sur les 250 000 pompiers que compte la France, près de 80% (197 000) sont pompiers volontaires  et par conséquent exercent une activité autre que celle-ci ! Les femmes, 17% de l’effectif total, n’ont le droit d’exercer cette profession que depuis…1976 !
4 Mai : nous célébrons la journée internationale des pompiers.

4 janvier 1999, en Australie, 4 pompiers trouvent la mort dans un feu de forêt. La prise de conscience du rôle de ces « soldats du feu » donne alors lieu à la création, le 4 mai, d’une journée internationale des pompiers, jour de la Saint Florian. Saint Florian est donc le saint patron des pompiers… dans les pays anglo-saxons.
En Europe, c’est plutôt à la Sainte Barbe, le 4 décembre, que l’on fête les pompiers (mais aussi les artificiers et les mineurs), en hommage à cette martyre du 3ème siècle, assassinée par son père qui fit brûler la tour dans laquelle il l’avait enfermée.

Histoire d’une profession

Pourquoi les appelle-t-on sapeur-pompier ? Le pompier est celui qui pompe ! Il désigne la personne qui faisait fonctionner les pompes à eau utilisées pour éteindre les incendies.
Le terme sapeur provient vraisemblablement du Moyen-Age, quand il fallait « saper » c’est-à-dire détruire les édifices encore intacts par leur base, pour éviter la propagation de l’incendie d’un bâtiment à un autre.

On attribue au néerlandais Jan Van der Heiden, la mise au point, en 1672,  des premiers tuyaux à incendie dont les caractéristiques ont donné naissance aux normes actuelles. Peintre de profession, Jan Van der Heiden réfléchit, avec son frère Nicolas ingénieur en hydraulique, à l’amélioration des techniques de lutte contre le feu. Il modifie la conception des véhicules, réorganise en 1685 les brigades des volontaires du feu et écrit et illustre le premier manuel de lutte contre les incendies.

Mais c’est à Richard Newsham, un Anglais, qu’on doit le développement de la  pompe à incendie en 1725 ; Ces pompes manuelles, amenées sur des chariots, débitaient 12 litres d’eau par seconde et leur puissance pouvait atteindre 40 mètres de haut.

soldats du feu
Combattre le feu

France, 1810 : de nombreux bals célèbrent l’union de Napoléon et de Marie-Louise, archiduchesse d’Autriche. Le dernier bal a lieu le 1er juillet 1810, organisé par Karl Philipp, prince de Schwarzenberg, ambassadeur d’Autriche en France. L’élite politique, militaire et diplomatique de Paris et de la province est conviée. Dès 20 heures, 2000  invités se pressent dans la salle et les jardins. L’hôtel de l’ambassadeur est somptueusement illuminé, le luxe et l’élégance sont à leur apogée. A 23h30, une bougie se renverse, le feu se déclare, c’est le drame. L’incendie sera maitrisé vers 4h00 du matin faisant de nombreuses victimes, sans pour autant de publication d’un « bilan officiel », sujet politique délicat !
En réaction à cet événement, un décret de Napoléon 1er, le 18 septembre 1811, officialise la création du premier corps professionnel de sapeurs-pompiers de Paris.

Organisation des pompiers en France (données 2018)

250 000 sapeurs-pompiers :

  • 40 400 sapeurs-pompiers professionnels (16%)
  • 196 600 sapeurs-pompiers volontaires (79%)
  • 12 700 militaires (5%)
  • 29 500 « jeunes sapeurs-pompiers »
  • 11 200 personnels administratifs et techniques
  • 40 931 femmes sapeurs-pompiers, soit 1 sapeur-pompier sur 6. 

6 339 centres d’incendie et de secours (dont BSPP et BMPM) :      

  • 327 centres de secours principaux (CSP)
  • 2 720 centres de secours (CS)
  • 2 172 centres de première intervention (CPI) intégrés
  • 1 120 centres de première intervention (CPI) non intégrés

Comment devenir sapeur-pompier volontaire ?

La loi du 20 juillet 2011 relative à l’engagement des sapeurs-pompiers volontaires définit «l’engagement citoyen en qualité de sapeur-pompier volontaire comme une activité reposant sur le volontariat et le bénévolat, exercée dans des conditions qui lui sont propres».

Les conditions :

  • Avoir 16 ans au moins avec un consentement écrit du représentant légal pour les mineurs (âge minimum de 21 ans pour être officier)
  • Résider légalement en France
  • Être en situation régulière au regard des obligations du service national
  • Jouir de ses droits civiques
  • Absence de condamnation (incompatible avec l’exercice des fonctions)
  • Remplir les conditions d’aptitude médicale et physique adaptées et correspondantes aux missions effectivement confiées

30 jours de formation initiale sont dispensés sur une durée de 1 à 3 ans. En attendant son acquisition, le sapeur-pompier volontaire intervient sur des opérations de secours au fur et à mesure de sa formation et de son assimilation. Le sapeur-pompier volontaire bénéficie, ensuite, d’une formation continue pour maintenir ses compétences, mais aussi lui faire acquérir des spécialités.
Pour s’engager en qualité de sapeur-pompier volontaire, il suffit d’adresser sa candidature directement au Service départemental d’incendie et de secours (SDIS) de son département en joignant une lettre de motivation, un CV et la copie des titres, diplômes ou attestations de formation.

Site SDIS 59
Site SDIS 62

Il est également possible de se renseigner auprès de sa commune ou d’une commune voisine pour savoir si elle dispose d’un centre de première intervention et donc d’un corps communal de sapeurs-pompiers volontaires. 

C’est une profession que nous considérons avec grand respect. Sachons cependant, encore plus que de coutume, reconnaître, en ce 4 mai, l’importance de nos « soldats du feu » et les remercier, eux qui combattent actuellement un feu invisible mais dévastateur.
Ils sont en première ligne, comme le personnel médical, et se dévouent chaque jour.
En France, une journée nationale leur est dédiée en juin (initialement programmée le 13 juin pour 2020).