AUDOMAR, MOINE FONDATEUR DE ST OMER

A 70 kms de Lille, nous vous proposons de découvrir la surprenante ville de Saint Omer, 11ème ville du Pas-de-Calais, riche de ses 15 000 habitants, les audomarois, et de vestiges historiques incontournables. Commune du parc naturel régional des caps et marais d’Opale, Saint Omer regorge de joyaux architecturaux et d’un patrimoine naturel et agricole dont le premier marais maraîcher de France, visitable en bacôve. Ville d’histoire et de mémoire, Saint Omer est notre destination du jour, sur les traces d’Audomarus, son fondateur au VIIème siècle !

De Sithiu à Saint Omer, d’une chapelle à une cathédrale

Au VIIème siècle, la ville est connue sous le nom de Sithiu (Sithieu ou Sitdiu) et se déploie autour de l’abbaye Saint-Bertin fondée par Audomar (Audomarus, Odemaars ou Omer), moine de Luxeuil, évêque de Noyon-Tournai puis de Thérouanne en 637. L’abbaye tire son nom de Bertin qui était compagnon d’Audomar. Ce n’est qu’au Xème siècle que la ville prend le nom de Saint Omer. Adroald, seigneur local, offre le territoire de Sithieu à Omer en échange de sa conversion au christianisme et de son baptême. Omer décide alors de fonder une chapelle à l’emplacement d’un ancien temple païen. Avant de mourir, en 670, Omer confie la chapelle à Bertin, abbé d’un proche monastère. La chapelle deviendra une collégiale au cour du VIIème siècle puis une cathédrale de la moitié du XVIème siècle jusqu’à la révolution de 1789. Le pape Léon XIII lui attribuera le titre de Basilique en 1879. Le bâtiment actuel, la Cathédrale Notre-Dame, commencé au XIIIème siècle sera achevé au XVIème siècle. Notre-Dame mesure près de 30 mètres de haut, 51 mètres de large et 105 mètres de long. Sa visite est incontournable notamment pour son mobilier et sa décoration exceptionnels : l’horloge astrolabe, les grandes orgues, une collection de tableaux dont une descente de croix attribuée à Rubens, des  sculptures funéraires (cénotaphe de St-Omer, tombeau d’Erkembode, monuments des chanoines), dalles médiévales et clôtures des chapelles.

Cathédrale
La Cathédrale

Saint Omer, ville religieuse

L’abbaye Saint-Bertin est l’une des plus grandes et anciennes abbayes de notre région. Elle est issue de l’enclos Saint-Bertin, l’un des 2 berceaux de la ville de Saint Omer, l’une des premières abbayes bénédictines au Nord de la France. Les vestiges actuels, bâtiments et jardins, de style gothique, sont ceux de la 3ème abbatiale datant du 14ème siècle. Vous pourrez également admirer le superbe pied de croix de Saint-Bertin au sein du Musée de la ville, le Musée de l’Hôtel Sandelin : Site Musée

L’église Saint Denis se situe à mi-chemin entre l’abbaye Saint-Bertin et la Cathédrale. Lieu de prière pendant les processions, c’est l’une des plus anciennes églises paroissiales de la ville fréquentée autrefois par les grandes familles de la noblesse et des corporations professionnelles. L’église conserve des sépultures de ces familles locales mais aussi les boiseries peintes de la chapelle des charpentiers et un très bel autel dans la chapelle des poissonniers.

L’église Saint Sépulcre est dédiée au tombeau du Christ. On attribue sa fondation à Godefroy de Saint Omer, fils du chatelain de la ville, qui, de retour de croisade, y aurait entreposé une relique du tombeau du Christ. Godefroy de Saint Omer fonde en 1119 l’ordre du Temple, connu sous le nom des “Templiers” dont l’église, à travers l’un de ses vitraux, rappelle l’histoire.

L’église du collège des Jésuites date du 17ème siècle. Fondé par la compagnie de Jésus (les jésuites) à la demande de Gérard d’Haméricourt, évêque de Saint Omer, le collège nait en 1566 pour former la jeunesse (mais aussi la population) dans la pure tradition catholique, en cette période de l’histoire marquée par les troubles religieux ! Les jésuites seront expulsés en 1762 et l’église deviendra magasin de stockage, hôpital militaire et même un atelier de mécanique… Restaurée en 2017, elle est aujourd’hui un lieu de diffusion culturelle et artistique.

Saint Omer, terre de mémoire

Saint Omer fut le lieu de résidence des comtes de Flandre. A quelques mètres de la Cathédrale, surgit une motte castrale, premier château en terre fondé par Baudoin, 1er comte de Flandre au 9ème siècle, surnommé Bras de fer en mémoire de son courage. Baudoin 1er de Flandre est également à l’origine de la fortification des villes d’Arras, Gand et Bruges.
Baudouin Ier meurt en 879 après avoir pris l’habit monacal à l’abbaye Saint-Bertin. Il est d’ailleurs enterré dans cette abbaye, son cœur et ses entrailles ayant été transférés en l’église Saint-Pierre de Gand.
La butte, en forme d’une pyramide écrêtée aux angles arrondis, domine Saint Omer de 6 à 10 mètres selon les côtés. Au sommet, la plateforme mesure 40 mètres de côté. Elle portait, à l’origine, un château en bois puis un donjon en pierre. Elle sera le siège d’une prison de 1762 jusqu’à la fin du 19ème siècle où elle est vendue à des particuliers. Acquise par la ville en 2009, elle devient un lieu de culture où se déroulent des spectacles estivaux mais où l’on peut encore visiter les anciennes geôles.

En proximité de la ville , partez à la découverte de deux sites mémoires de la seconde guerre mondiale.
La Coupole est un immense bunker (galeries souterraines et armature de béton) construit en 1943 par les allemands à grand renfort de main d’œuvre constituée de prisonniers de guerre soviétiques. Elle devait servir de base de lancement des fusées V2 pour attaquer Londres. Les bombardements subis par la Coupole de janvier à juillet 1944 compromirent les travaux de lancement des fusées dont aucune, finalement, ne décolla. Forte de ses 5,5 mètres d’épaisseur de béton armée, la Coupole ne fut cependant pas détruite et constitue de nos jours un vestige  de la « folie nazie ». Vous y parcourerez 2 circuits. « Les armes nouvelles V1 et V2 » qui conte l’histoire de l’ingénieur allemand Wernher von Braun, à l’origine de la fusée V2 et des premiers pas de l’homme sur la Lune. Le circuit « le Nord de la France dans les mains allemandes » retrace les grandes périodes de l’occupation. Un planétarium propose quant à lui différents films sur l’exploration de l’espace. La Coupole Helfaut

Le Blockhaus d’Eperlecques, de son  nom de code Kraftwerk Nord West, fut édifié par l’Allemagne nazie de 1943 à 1944 pour servir également de base de lancement aux missiles V2. Construit pour accueillir plus de 100 missiles à la fois et en lancer 36 par jour, le blockhaus ne fut jamais achevé du fait des bombardements répétés des Britanniques et des Américains dans le cadre de l’opération Crossbow. Le blockhaus

Saint Omer, premier marais maraîcher de France

C’est un labyrinthe de petits canaux, les « watergangs » qui permettent de circuler au travers des 3700 hectares de parcelles cultivées et de prairies. On y navigue en bacôves ou escutes, des embarcations à fond plat utilisées pour le transport des marchandises. La culture reine est le chou-fleur d’été dont Saint-Omer est la capitale française. Plus de 50 sortes de légumes sont cultivées sur le marais par les producteurs qui pratiquent la vente directe ou vendent sur les marchés.

L’eau et la biodiversité sont omniprésentes sur le marais, la flore et la faune y trouvent des conditions de développement favorables à de nombreuses espèces : la moitié de la flore aquatique régionale s’épanouit dans ce marais et plus de 230 espèces d’oiseaux (martin-pêcheur, grèbe huppé, cigogne blanche…) y trouvent un paradis de vie…

Nous vous recommandons de consulter le site de l’office de tourisme et des congrès du Pays de Saint Omer qui est remarquable pour préparer votre visite en terre audomaroise ! Des circuits vous sont proposés ainsi que de nombreuses activités de loisirs, une mine d’or ! infos tourisme

Entre nature et histoire, Saint Omer vaut le détour d’autant que, si vous vous rendez sur la côte, la ville est (presque) sur votre chemin. Alors, consacrez lui quelques heures (le mieux serait un Week-end d’ailleurs) et remontez le temps ou naviguez sur les canaux pour respirer la sérenité et le parfum de la liberté retrouvée.

Sources photos : Wikipédia / office de tourisme Saint Omer