Comment ça marche : la production d’un vaccin

Il y a plus de 200 ans, en 1796, Edward Jenner, scientifique et médecin anglais, pratiquait la première inoculation de la « vaccine », à partir de pus de vache et ce, dans le but d’endiguer la variole, donnant ainsi naissance à « la vaccination ». 

14 mai 1796, le docteur Jenner prélève du pus sur la main d’une femme qui a été infectée par sa vache malade, vache qu’elle avait nommée Blossom, et l’inocule à un enfant de 8 ans, James Phillips. Exposé plus tard à la variole, le petit James ne l’attrape pas : il est immunisé.
Une fabuleuse découverte dont l’histoire vous est contée dans la maison du docteur Jenner, un petit musée où sont exposées, entre autres, les cornes de la vache Blossom. Il est situé au sein du village de Berkeley dans le Gloucestershire, un comté situé dans le sud-ouest de l’Angleterre. https://jennermuseum.com/

Musée Jenner (copyright jennermuseum)

Quel est le rôle d’un vaccin ?
Il a pour vocation de stimuler les défenses immunitaires contre un agent infectieux par l’introduction, dans l’organisme, de cet agent ou une fraction de cet agent (antigène), une fois qu’il a été rendu inoffensif pour l’homme. Et c’est là l’enjeu actuel de la recherche, face au Covid-19 et pour lequel la Commission européenne a débloqué 10 millions d’euros.

Le parcours d’un vaccin : source Sanofi

On estime à entre 6 et 36 mois la durée de mise en application d’un vaccin, de sa création à sa diffusion. Il ne suffit pas, hélas, de trouver la bonne formule. Différentes étapes, plus ou moins chronophages, entrent en jeu pour que la population puisse être immunisée. Le vaccin doit être testé sur les animaux, puis sur l’homme et ce, à chaque étape de son processus de fabrication. De longs mois qui permettront, avec sécurité, de produire, de conditionner, de livrer les  différents pays concernés qui vont à leur tour effectuer des contrôles de qualité.

La fabrication des vaccins commence par la constitution d’une banque de germes, via la mise en culture d’un agent infectieux, avec des règles d’asepsie et des conditions extrêmement rigoureuses et de manière à obtenir une grande quantité de germes identiques. La mise au point des vaccins a pour finalité, ensuite, de limiter la multiplication des agents infectieux tout en maintenant leur capacité à déclencher une réponse immunitaire. Ils doivent par conséquent être associés à une substance appelée « adjuvant », afin d’augmenter leur pouvoir immunogène.

Les vaccins, fabriqués à partir d’organismes vivants, nécessitent des contrôles rigoureux. Produits dans des locaux stériles, par un personnel spécialement formé, les vaccins subissent de nombreux contrôles tout au long de la chaîne de fabrication. Qualité des matières premières et des procédés de fabrication, efficacité des tests, sécurité du produit final, les phases de contrôle prennent effectivement beaucoup plus de temps que la fabrication elle-même (on estime que 70% du temps de fabrication sont consacrés aux contrôles de qualité et de sécurité).
Enfin, avant de pouvoir vendre et administrer un vaccin à la population, une homologation réglementaire est requise. Chaque pays a sa propre réglementation et son organisme responsable dans ce domaine.

Le chemin semble long, même si certains annoncent un vaccin en 2021,  mais l’espoir est immense au regard de la mobilisation internationale autour de la pandémie actuelle.
Il nous appartient de faire confiance aux chercheurs et à leur faciliter la tâche en respectant les gestes « barrière ».
#restezchezvous