CONNAISSEZ-VOUS ROBERT ?

En vue de mieux contrôler l’épidémie Covid-19 et de prévenir d’éventuels foyers, le temps du déconfinement venu, les pouvoirs publics réfléchissent, depuis quelques semaines, à la mise en œuvre d’une application de traçage numérique via nos smartphones.

Piloté en France par l’Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique (Inria), ce projet, intitulé « StopCovid », s’inscrit dans le cadre d’une recherche européenne.
Samedi 18 avril 2020, un groupe de chercheurs franco-allemands a publié une proposition technique d’un système, géré par une autorité de santé centralisée, et qui fera l’objet d’un débat parlementaire en France : Robert.

“Robert*” et un projet de protocole qui repose sur le partage, par les personnes détectées positives au Covid-19, d’une liste d’identifiants anonymes correspondant aux personnes qu’elles ont croisées pendant la durée d’incubation du virus et détectées grâce à la technologie sans-fil Bluetooth. Ce protocole n’utilise pas les données de géolocalisation des smartphones. S’il est finalement retenu, il constituera le socle technique de l’application “StopCovid”, qui doit permettre d’aider à circonscrire l’épidémie de Covid-19 après la sortie du confinement prévue pour le 11 mai prochain.

Comment fonctionne Robert ? Rendez-vous sur le site de l’Inria :    ici
 

Le projet de mise en place de cette application mobile, à même de suivre nos déplacements et donc avec la finalité de nous alerter si nous avons croisé une personne testée positive au coronavirus, est bien en marche. C’est pourtant un sujet qui suscite de nombreux débats et interrogations, notamment celui de la protection des données personnelles… même si le gouvernement entend développer cette application uniquement sur la base de notre volontariat.

Ce concept de “contact tracing” a été mis en œuvre dans certains pays et aurait permis de freiner la diffusion de l’épidémie, avec succès à Singapour.

Pour autant, une application volontaire est-elle aussi efficace qu’un tracking obligatoire, car si tout le monde ne joue pas le jeu, il devient difficile d’identifier tous les porteurs du virus. Se pose alors la question de la protection de nos données personnelles…même si les données sont stockées temporairement.

En France, les informations concernant notre santé sont protégées par la loi dite « informatique et liberté » de 1978,confirmée par le règlement no 2016/679, dit règlement général sur la protection des données. Le RGPD est un règlement de l’Union européenne qui constitue le texte de référence en matière de protection des données à caractère personnel. Il renforce et unifie la protection des données pour les individus au sein de l’Union européenne depuis le 25 mai 2018.

L’article 9 du RGPD interdit le traitement des informations relatives à la santé sauf quand« le traitement est nécessaire pour des motifs d’intérêt public dans le domaine de la santé publique, tels que la protection contre les menaces transfrontalières graves pesant sur la santé», ce qui semble être le cas de la crise sanitaire que nous traversons…

La barrière du RGPD pourrait donc, finalement, ne pas être un obstacle majeur à la mise en place de l’application “STOP COVID”,
8 français sur 10 y sont d’ailleurs favorables** !
Et vous ? A suivre…

*ROBERT :  ROBust and privacy-presERving proximity Tracing

**sondage publié le 31 mars et réalisé auprès d’un échantillon représentatif de plus de 1 000 Français possédant un téléphone mobile les 26 et 27 mars.