COVID-19 : un impact majeur pour notre jeunesse !

La pandémie actuelle bouleverse la vie de nos enfants, de nos adolescents et jeunes adultes. Impact sur la relation familiale (pas facile de vivre H24 les uns avec les autres), sur leur éducation (compliqué de suivre les cours à distance), sur leur études supérieures (quid de la validation des examens et des concours pour intégrer un cursus ?) et parfois leur avenir professionnel (stage, alternance, 1er emploi)
Stress face à la maladie, peur de perdre un proche ou d’être malade, diminution du lien social, le Covid-19 a un impact majeur pour notre jeunesse qui s’inquiète quant au « jour d’après ».

Renforcer l’écoute et l’affection auprès des plus jeunes

« L’année prochaine, je change d’école car je passe en 6ème. C’est chouette mais en même temps, je ne sais pas si je pourrai découvrir mon collège avant la rentrée de septembre car les « portes ouvertes » n’auront certainement pas lieu… »
« Comme on n’a pas pu répéter, que l’école ne va reprendre qu’en mai et que les rassemblements seront interdits, il n’y aura pas de fête de l’école cette année. Je suis très triste parce que j’aime beaucoup cette fête qui est un moment de joie et qui annonce le passage dans l’année supérieure. »
« J’ai peur en retournant à l’école d’attraper le virus et de contaminer ma famille en rentrant le soir »
« Ca fait des semaines que je n’ai pas vu ma mamie. Elle vit toute seule et doit beaucoup s’ennuyer. J’ai peur de ne jamais la revoir si elle tombe malade. »

Ces petites phrases, prononcées par des enfants, montrent à quel point la pandémie actuelle suscite de l’inquiétude et du désarroi. Nos enfants peuvent avoir des difficultés à interpréter les informations divulguées par les journaux télévisés, les discussions entre adultes, les informations sur internet. Leur vie quotidienne a radicalement changé : interdiction de sortir, de voir leurs amis, de disposer de « soupapes de liberté », impossibilité de réunir les copains pour fêter un anniversaire…
Peur aussi de la mort : la leur mais surtout celle de leurs proches. Perdre un  parent, un grand-parent…et cela peut engendrer des répercussions sur leur santé mentale. Risque accru de colère, d’irritabilité, augmentation de la violence  domestique (chez les adultes et les jeunes), dépression, l’Organisation Mondiale de la Santé alerte sur cette situation et préconise aux parents de renforcer les échanges avec leurs enfants afin de leur faire exprimer leurs craintes, leur tristesse et de trouver, ensemble, des solutions à leurs questions. Il s’agit de rassurer sans pour autant cacher la situation. Selon l’âge de l’enfant, il est important d’adapter le discours avec des mots qu’il comprend, d’adopter des activités qui permettent d’évacuer le stress (dessin, sophrologie, atelier créatif…) mais surtout de renforcer le niveau d’écoute et de les rassurer sur notre présence et notre soutien.

« La crise du COVID-19 pourrait avoir des impacts négatifs de grande portée et à long terme sur les enfants du monde entier », a déclaré l’organisation « Human Rights Watch » dans un rapport publié le 9 avril dernier : des constats préoccupants ! lien vers article

Trouver des alternatives à la suppression des rituels de passage à l’âge adulte

« Je sais, grâce au contrôle continu, que je vais avoir mon BAC. Je suis heureuse mais j’ai l’impression qu’on me vole des événements importants de ma vie : le cérémonial des épreuves, le rassemblement de tous les copains devant le tableau d’annonce des résultats, la fête avec les amis et la famille pour le BAC et mes 18 ans… J’en ai tellement entendu parlé de ces rituels que je ressens comme un manque, une frustration »
« Mon père n’a plus de travail. Avec la pandémie, il ne parvient pas à en retrouver un nouveau. C’est compliqué financièrement à la maison pour le quotidien mais aussi pour mes études supérieures. Je ne sais pas si je pourrai aller dans l’école de mon choix»

Perte des repères, incertitudes quant au futur proche, beaucoup de jeunes adolescents, et notamment ceux qui sont à l’aube du « passage à l’âge adulte » éprouvent le sentiment d’être privés de certains rituels : les voyages scolaires annulés, la fête des 18 ans, le passage d’un concours, du permis de conduire… La scolarité à distance ne fait pas l’unanimité. Le manque de suivi, de matériel (ordinateur et connexion), l’organisation perfectible de certains établissements, les difficultés d’accompagnement de la structure familiale… Environ 75% des adolescents reconnaissent avoir des problèmes pour se concentrer chez eux et continuer leur scolarité dans ces conditions. Conséquence :  la peur de rater son année scolaire et donc de mettre en péril son avenir !

Une angoisse réelle qui nécessite d’être exprimée par des échanges renforcés avec la famille, des enseignants voire avec un psychologue. L’adolescence est une période particulière de la vie, souvent propice à des tensions familiales, actuellement exacerbées par le confinement lié à la pandémie. Le sujet est tel que l’UNICEF a d’ailleurs publié des conseils pour aider les adolescents à mieux vivre cette période anxiogène. Lien vers conseils UNICEF pour adolescents.

Il ne s’agit pas d’éluder les questions mais de mettre des mots sur leurs angoisses et de tenter de les relativiser. En clair, il est temps d’expliquer à nos adolescents en quoi consiste la résilience ! Certes, ils ne passeront pas leur BAC cette année (sachant que pour certains, le contrôle continu les renvoie à l’année prochaine …) mais cette anecdote figurera certainement parmi les souvenirs les plus marquants de leur jeunesse à raconter plus tard ! Il sera toujours temps d’ici quelques mois de passer le permis et d’organiser une fête pour leur majorité… A l’échelle d’une vie, que représente une année ? Il s’agit bien souvent d’un report, pas toujours d’un renoncement. En quoi cette pandémie a-t-elle permis de renforcer certains aspects de leur personnalité ?  Quels sont les points positifs qu’ils peuvent finalement retirer de cette épreuve de la vie ? Ils ne sont pas seuls face à cette situation qui nous impacte tous. Il faut parfois aussi se résigner à accepter les événements sur lesquels on n’a pas de prise parce qu’ils ne dépendent pas que de nous !

Les aider à faire le deuil d’un projet et à rebondir

« J’avais trouvé un super stage en Australie. C’était pour moi l’occasion de vivre seul dans un autre pays, d’améliorer mon anglais, de faire de nouvelles rencontres, de vivre ma propre expérience, sans compter l’impact positif sur mon CV. Je dois y renoncer, je suis atterré ! »
« Quand j’ai commencé mon alternance dans cette entreprise parisienne d’évènementiel, je me suis dit que j’avais toutes mes chances pour qu’ils me proposent un job ensuite. Avec la crise actuelle, c’est difficile pour l’entreprise et je crains qu’ils n’aient plus les moyens de m’embaucher, même en CDD … »

 «89% des jeunes à la recherche d’un emploi craignent que l’épidémie retarde leurs projets professionnels et 65% ont peur de ne pas trouver de travail suite à l’épidémie. Certains jeunes ont déjà remarqué des gels au niveau des embauches dans leur secteur» (enquête Studyrama avril 2020).

impact covid sur avenir professionnel des jeunes
Poursuite du cursus universitaire, stage, alternance, 1er emploi, les incertitudes se multiplient parmi les jeunes !

Précarité, isolement, santé, renoncement à des projets, le public étudiant est à l’heure actuelle, extrêmement fragile. Dans une note du 14 avril 2020 (lien vers la note FAGE), la Fédération des Associations Générales Etudiantes (FAGE), présente dans 28 villes ou territoires universitaires, pointe l’impact de la crise sur cette partie de la population. 38% de la population étudiante est boursière (source MESRI) et 20% des étudiant vivent sous le seuil de pauvreté en France (enquête “Revenu, niveau de vie et pauvreté en 2016” de l’INSEE publiée en 2018)
Actuellement, de nombreux étudiants ne savent plus faire face aux dépenses d’alimentation (fermeture des restaurants universitaires notamment), de logement du fait de l’éloignement de la structure familiale (70% des étudiants résident en dehors du foyer familial), de la perte de leurs revenus (petits boulots, stages, alternance…) car il faut savoir qu’un étudiant sur deux exerce une activité rémunérée pendant ses études.

Pour d’autres, le suivi d’un stage ou l’alternance conditionnent l’obtention de leur année. L’impossibilité de répondre à cette obligation est source d’angoisse même si des établissements proposent des solutions alternatives. Selon la décision de chaque école et université, certains stages sont remplacés par des examens théoriques à distance, par la rédaction d’un mémoire. D’autres restent obligatoires pour valider l’année, repoussant de plusieurs mois l’obtention des diplômes. Conscientes de l’importance de cette expérience du monde du travail pour leurs élèves, plusieurs universités ont décidé d’autoriser le report des stages d’été jusqu’à fin 2020, voire jusqu’en 2021. Là aussi, le sentiment de « passer à côté de leur réussite » est fort parmi les étudiants.

COVID 19 ET JEUNESSE
Quel impact sur l’obtention du diplôme ?

Cette population fragilisée est en attente de mesures gouvernementales précises et que dire des étudiants dans le domaine de la santé qui se sont retrouvés immédiatement en situation professionnelle. Il y a urgence de mettre en place des mesures d’accompagnement psychologique certes mais aussi de soutien social pour éviter une recrudescence de la précarité et du chômage (qui touche aujourd’hui plus de 20% des jeunes).
Le premier Ministre, Edouard Philippe, a annoncé ce lundi 4 mai, une aide de 200 euros qui concernera 800.000 jeunes précaires ou modestes de moins de 25 ans. Cette aide sera versée début juin aux étudiants ayant perdu leur travail ou leur stage et aux étudiants ultra-marins isolés qui n’ont pas pu rentrer chez eux. Les jeunes précaires de moins de 25 ans, qui touchent les APL, la percevront à la mi-juin. 


Là encore, la résilience et l’échange avec nos jeunes étudiants est de mise. Malheureusement, faut-il s’en remettre à la fatalité, cela ne solutionnera pas tous les problèmes, ne règlera pas toutes les situations et ne consolera pas toutes les déceptions.

Ecoute, échanges, affection, bienveillance des parents, du monde enseignant mais aussi des entreprises, mobilisation collective, aides gouvernementales font partie des réponses au mal-être de notre jeunesse.
La crise actuelle est une épreuve que la vie nous envoie. Elle arrive cependant un peu trop tôt pour beaucoup de jeunes, d’où le besoin d’accompagnement
Ce qui ne peut être évité, il le faut embrasser.” William Shakespeare