ECONOMIE CIRCULAIRE : REUTILISER, REPARER, RECYCLER… OU JETER ?

En 2050, notre planète comptabilisera environ 10 milliards d’habitants, une population qui n’est pas du tout compatible avec les ressources disponibles de la terre (dont nous fêtions la journée mondiale le 22 avril !). Par conséquent, il est vital de se pencher sur une économie différente pour éviter la pénurie et donc de repenser totalement notre relation aux ressources : c’est tout l’enjeu de l’économie circulaire !
L’économie circulaire propose, en effet, de redéfinir nos façons de produire et de consommer (et donc cela concerne tout le monde !) afin d’optimiser l’utilisation des ressources naturelles et ainsi limiter les déchets générés. Alors, réutiliser, réparer, recycler plutôt que jeter !

Passer d’un mode linéaire à un mode circulaire

Depuis la révolution industrielle, notre modèle économique est principalement linéaire : les ressources naturelles sont extraites en continu et en quantité croissante pour produire des biens et services, consommés puis jetés en fin d’usage.

Source : Extrait infographie Avise Say YESS

L’économie circulaire consiste, elle,  à produire et consommer de manière durable, en réutilisant et en recyclant ce qui peut l’être, en réparant plutôt qu’en jetant ce qui ne fonctionne plus, en utilisant des matières premières plus écologiques, plus locales et moins polluantes.

Source : Extrait infographie Avise Say YESS

Modifier notre modèle de consommation aurait, par conséquent, un impact positif sur le climat, les ressources et la biodiversité. De quoi nous faire réfléchir !

Devinette :
Connaissez-vous l’impact de votre “jean” sur la planète ? Produire un seul jean nécessite l’utilisation de 11 000 litres d’eau (l’équivalent de 285 douches !) Or, combien avez-vous de jeans dans votre dressing ?  Je vous laisse calculer le volume d’eau…


L’industrie textile est l’une des plus consommatrice de ressources planétaires : 4 % de l’eau potable disponible dans le monde est ainsi utilisée pour produire nos vêtements… Pour autant, nous continuons à en acheter pour les entasser dans un dressing et nous n’en portons que 30%.
Idem pour nos appareils ménagers, électroniques… Dans 60% des pannes, le produit n’est pas réparé mais remplacé par un nouveau alors qu’il peut s’agir d’une panne bénigne, parfois même sans besoin de commande d’une pièce de rechange mais tout simplement d’un bon nettoyage.
Depuis les années 60, la consommation de biens a été multipliée par 3 avec la conséquence d’un suréquipement !

Que pouvons-nous mettre en œuvre pour consommer mieux ?

Il est vital d’agir à la fois collectivement et individuellement.
Preuves en sont les multiples initiatives innovantes de notre période actuelle de confinement : on trie, on répare soi-même, on recycle, on fait attention à sa consommation, on achète au plus près de chez soi, on adapte certains objets à d’autres usages (exemples : les masques de plongée Décathlon transformés en masques respiratoires, des chutes de tissu pour confectionner des masques)… Des initiatives à tous les niveaux qui apportent réellement des réponses utiles et en limitant le gaspillage.

A titre individuel, avant de dépenser, de consommer, posons-nous les bonnes questions

  • Avons-nous vraiment besoin de ce produit ou n’est-ce qu’un envie passagère, dictée par la mode, la publicité, la sollicitation médiatique ? En clair, ai-je besoin d’un nouveau téléphone tous les ans (vous savez, celui qui sort avant les fêtes de Noël) ?
  • Évitons le suréquipement : on sait que nous ne portons pas 70 % des vêtements de notre dressing, qu’un lave-linge de classe énergétique équivalente mais de capacité inférieure, 6 kg au lieu de 8 kg, permettra une économie substantielle de consommation d’énergie sur sa durée de vie… Ai-je besoin de plusieurs jeans ? Mon lave-linge est-il rempli totalement à chaque lessive ?
  • Empruntez, échangez ! Ne convient-il pas mieux d’emprunter une perceuse, une échelle à notre voisin, à un collègue ou à la famille plutôt que d’en faire l’acquisition ? Beaucoup d’enseignes commerciales mais aussi d’associations proposent des biens en location. Ces échanges ou prêts se pratiquent également de plus en plus entre particuliers… (E-LOUE, ZILOK, BRICOLIB, ALLOVOISINS…)
  • Privilégiez les labels environnementaux . Ils permettent de sélectionner des produits bons pour l’environnement mais aussi bien souvent pour la santé (LABELS ADEME)
  • Sélectionnez des produits non jetables et non emballés. La première conséquence positive : votre poubelle sera moins lourde à porter sans ces multiples lingettes, sacs, cartons… même si certains d’entre eux sont d’ores et déjà recyclés. Nous en faisons tous l’expérience actuellement : suite à la limitation du passage des éboueurs, nos poubelles débordent !
  • Achetez local et de saison. Vous avez certainement un producteur de fruits et de légumes près de chez vous (vous savez, celui qui vous alimente pendant le confinement …). Cette production locale et de saison nécessite moins de transport et moins d’énergie. Cela aura également un impact bénéfique pour votre santé. Avril est un mois riche en fruits et légumes frais : de quoi vous régaler !
Source : Docteur Bonne Bouffe
  • Réparez soit en faisant appel à des associations, à des professionnels de proximité, à des échanges de services entre particuliers … De nombreux tutos en ligne sont également très utiles et bien pensés !
  • Plutôt que jeter : recyclez, customisez, donnez ! A des proches, des associations, des structures qui recyclent et si vraiment vous devez jeter, n’oubliez pas le tri sélectif et la déchetterie !  

Sur le plan collectif, quelles actions ?

  • L’approvisionnement durable consiste, pour les entreprises et les collectivités,  en une exploitation efficace des ressources notamment les matières énergétiques et minérales (mines et carrières) ou dans le domaine de l’exploitation agricole et forestière tant pour les matières/énergie renouvelables que non renouvelables.
  • L’écoconception : il s’agit, dès la conception d’un process, d’un bien ou d’un service, de prendre en compte l’ensemble de son cycle de vie et de veiller à minimiser les impacts environnementaux.
  • L’écologie industrielle et territoriale constitue un mode d’organisation entre entreprises, collectivités et se matérialise par des échanges de flux ou une mutualisation des besoins. Cela concerne l’énergie, l’eau, les matières premières, le recyclage des déchets mais pourquoi pas le partage des équipements, la mise en commun de savoir-faire, de matière grise…
  • L’économie de la fonctionnalité est une nouvelle relation entre l’offre et la demande qui n’est plus uniquement basée sur la simple vente de biens ou de services. Elle repose sur les effets utiles (les bénéfices utilisateurs) des produits et services pour s’adapter aux besoins réels des personnes, des entreprises et des collectivités ainsi qu’aux enjeux relatifs au développement durable.
  • L’allongement de la durée d’usage : c’est le sujet épineux de l’obsolescence programmée mais aussi le fait d’inciter à la réparation plutôt qu’au remplacement.
  • Le recyclage collectif : eau, papiers, déchets de consommation alimentaires, ce recyclage se généralise dans les entreprises et collectivités en y associant souvent les salariés.

Nous avons tous conscience qu’il est nécessaire de changer nos habitudes. Le confinement, la crise sanitaire et économique planétaire, la fermeture de nombreux commerces et sites sont autant d’opportunités d’y réfléchir plus profondément et de se poser les bonnes questions ! Notre belle planète mérite bien que, comme pour notre propre santé, nous en prenions grand soin !