GRAVELINES, CITE VAUBAN

A 91 kms de Lille, Gravelines est une ville fortifiée par Vauban située sur le fleuve de l’Aa qui sert de limite entre la Flandre et le Calaisis. Sur l’autre rive, la criée et les musées de Grand-Fort-Philippe témoignent de l’histoire de ce port d’où les pêcheurs partaient pour l’Islande.

De l’Islandais à Sœur, 6 géants perpétuent les traditions de la mer

Chaque année, lors du dernier week-end de septembre, la traditionnelle Fête des Islandais est organisée à Gravelines. Cet événement retrace le passé des pêcheurs qui partaient pour de longs mois en Islande à bord de dundees et de goélettes au 19ème siècle. La ville est d’ailleurs jumelée avec la ville islandaise de Faskrudsfjordur. Du19e siècle et jusqu’en 1938, la pêche à la morue constitue l’une des activités principales des marins. Le commerce portuaire eut un essor jusque dans les années 60. Suite aux 2 guerres et aux crises économiques, cette activité s’est éteinte.

Pour faire perdurer les traditions locales, Gravelines dispose d’une famille de 6 géants. Le premier, l’Islandais de Gravelines, voit le jour le 16 juin 1988, suivi le 1er avril 1995 de la Matelote de Grand-Fort-Philippe, sa femme. Le premier fils, Fiu (« fils » en patois local), naît le 29 mars 2003 : il représente le marin pêcheur côtier. La sœur, Nette de Gravelines, exerce le métier de  vérotière, c’est-à-dire une pêcheuse à pied de vers utiles pour la pêche. L’Islandais, Fiu et Nette sont liés à la mer “en tant que pourvoyeuse de nourriture”.
Le fils cadet Gut (un gut est un fil de pêche) naît en avril 2006. Il est marin sur un ferry et symbolise l’évolution des métiers de la mer. Soeur est fille de marin et porte les espoirs d’une nouvelle activité : la marine de plaisance.

Une famille de géants (crédit Photo Hervé Tavernier)

Les métiers de la mer ont profondément évolué et l’activité portuaire est désormais touristique. La mer est devenue un espace naturel et un lieu de loisirs. Les géants témoignent de cette histoire des hommes et des femmes du littoral, de leur détresse devant la fin d’une époque et de leurs espoirs. C’est aussi le moyen de mettre en valeur le patrimoine maritime : vieux gréements, pratiques liées à la pêche comme le ramandage des filets ou les chants de marins, gastronomie locale à base de poisson promue lors des fêtes des géants.

A l’origine, toujours une chapelle !

L’histoire de Gravelines commence en 800, avec Saint-Willibrord (Willibrord d’Utrecht). Une chapelle, placée sous le patronage du Saint, est construite à l’endroit où il est censé avoir débarqué après avoir traversé la Manche vers 690 ; En effet, Willibrord est un évêque anglo-saxon venu, comme beaucoup d’autres, évangéliser la Flandre. Willibrod a été envoyé très jeune en Angleterre pour y recevoir une éducation chrétienne à l’abbaye de Ripon. Il y devient moine Bénédictin, est ordonné prêtre et se rend en Irlande pour parfaire son éducation monastique et intellectuelle pendant une douzaine d’années, à l’abbaye de Rathmelsigi. En 690, il est envoyé en Frise (Pays d’Europe longeant la mer du Nord), territoire récemment acquis par les Francs mérovingiens, pour y travailler à l’évangélisation de la population.

CITERNE

Une ville fortifiée Vauban

Au 12ème siècle, Thierry d’Alsace, Comte de Flandre décide d’entourer la ville d’un rempart de pierres et de pieux et d’aménager un nouvel estuaire pour l’Aa. La ville devient l’avant-port de Saint-Omer : port de pêche aux harengs, de transit pour le sel, les fruits et le vin. Le Comte décède le 17 janvier 1168 à Gravelines et est enterré à l’Abbaye de Watten, près de Saint-Omer. En 1525, Charles Quint fait rebâtir l’ancien château comtal et lui donne la fonction de citadelle. Le château quadrangulaire est la pièce maîtresse de la fortification et commande l’accès occidental de la ville. Tour à tour française en 1644, espagnole en 1652, Gravelines redevient française, en 1659, par le Traité des Pyrénées. La ville ayant une importance stratégique, Louis XIV charge Vauban de compléter la défense de Gravelines par un ensemble de demi-lunes, contrescarpes et d’écluses. Vauban améliore donc la fortification et fait construite à l’intérieur des remparts différents bâtiments militaires où sont enfermées les armes et les munitions, ainsi qu’un certain nombre d’installations permettant d’envisager un siège : citerne, four, magasin, salles voutées à l’abri des bombes.

Les remparts de Gravelines
L’ensemble des fortifications de Gravelines et les fossés en eau sont ouverts à la visite. Le site touristique de Vauban Promenade propose des activités fluviales pour naviguer tranquillement autour desremparts en plein cœur de la ville. Visite guidée grâce aux bateaux à passagers, promenade libre avec une barque à rame, un bateau à pédaliers ou encore une barque électrique, vous avez le choix ! L’étoile fortifiée de Gravelines a conservé intacte son enceinte bastionnée. En vous promenant sur les remparts, vous observerez l’étagement et l’épaisseur des fortifications, les imposants bastions, les poternes ouvertes sur le fossé.


L’Arsenal accueille le Musée du Dessin et de l’Estampe originale. C’est le seul musée français consacré aux œuvres imprimées. Au travers de nombreuses salles : les salles de la Poudrière, la salle du Pilier, le corps de garde et la casemate du four à pain, vous partirez à la découverte d’une importante collection d’œuvres graphiques (près de 21 000 œuvres), essentiellement des gravures, couvrant la période du 15ème siècle à nos jours. Les collections comprennent notamment des œuvres majeures telles que l’Apocalypse de Dürer, l’œuvre gravée d’Eugène Leroy, des gravures de Goya ou Picasso et un important fonds contemporain …

La citerne d’eau potable de Gravelines, à usage militaire, fut construite de 1724 à 1725. Sa contenance de 1 420 000 litres était alimentée par l’eau de pluie venant de sa toiture mais aussi de celles de l’église, des casernes Varennes et d’Huxelles. Il s’agissait à l’époque de s’approvisionner en eau potable mais aussi d’alimenter la garnison en cas de siège. L’eau de pluie arrivait à la citerne via des aqueducs reliant la citerne aux bâtiments voisins et tombait dans des bassins de décantation. Les soldats se servaient aux robinets dont les becs sont en forme de dauphin (classés monument historique depuis 1948)

Le joli Phare de Petit-Fort-Philippe

Un site balnéaire

La plage de Gravelines/Petit-Fort Philippe arbore son eau claire, un sable très fin et des cabines de plage…ainsi que le joli phare noir et blanc de Petit-Fort-Philippe qui est visitable. Après avoir gravi une centaine de marches, vous voici à 30 mètres du sol pour une vue splendide sur l’estuaire. Construit entre 1837 et 1843, ce phare était à l’origine tout blanc. Mais, comme il était difficilement repérable par les marins, il a été repeint, en 1932, en noir et blanc. Il ne fonctionne plus depuis 1989.

Il fait beau… En route vers le littoral. A défaut de pouvoir améliorer votre bronzage, allongés sur le sable, vous pourrez vous promener et réaliser de magnifiques photos des paysages côtiers.