LE BEFFROI D’ARRAS

ville Arras

Juillet 2005, le beffroi d’Arras figure parmi les 23 beffrois du Nord-Pas-de-Calais inscrits au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco. 10 ans plus tard, il est décerné monument préféré des Français ! 75 mètres de majesté pour une vue époustouflante sur Arras.

Deux destructions et deux reconstructions

La construction du Beffroi d’Arras, symbole des libertés et de l’indépendance des communes, commence en 1463, lors du règne du Duc de Bourgogne, Philippe le Bon. En pur style “gothique flamboyant”, elle ne s’achèvera que près d’un siècle plus tard, en 1554 sous la conduite de l’architecte Jacques Le Caron, même si, dès 1502, sans attendre l’achèvement du beffroi, les échevins entreprennent la construction de l’Hôtel de Ville.

En 1833, décision est prise de le détruire, car n’ayant pas été entretenu, le beffroi menace de s’écrouler. Il est classé monument historique depuis 1840 .

BEFFROI
Une construction majestueuse

En 1914, le beffroi, qui offre une vue imprenable sur la ligne de front, est une menace pour l’artillerie allemande. Il s’écroule le 21 octobre, sous les coups de 70 obus. Seuls édifices arrageois classés Monuments Historiques avant le conflit mondial, l’Hôtel de Ville et le beffroi seront reconstruits “à l’identique” par l’architecte en chef des Monuments Historiques, Pierre Paquet. Tels qu’il s’élèvent actuellement, l’hôtel de ville et son beffroi ont été reconstruits dès 1924 (jusque 1931) via des plans respectant au mieux l’ancien édifice. Ils s’élèvent majestueusement  au cœur d’un écrin architectural composé par les deux places arrageoises : la Grand-Place et la petite place ou place des Héros.

Trois lions et 40 cloches

L’architecte Jacques Le Caron surmonte le beffroi, au milieu du 16ème siècle, d’une couronne sur laquelle se dresse un lion. Portant un soleil à 75 mètres de hauteur (en hommage à Louis XIV), la “girouette lion” du beffroi d’Arras domine la ville. Le premier lion de 1554 était réalisé en laiton et plaques de cuivre martelé. En 1841, après les travaux de reconstruction du beffroi, c’est un lion en fonte qui lui succède. La première guerre mondiale aura raison de ce 2ème lion qui est, à son tour, remplacé par un troisième, en bronze doré, en 1932. Les deux premiers lions sont visibles au sein du musée d’Arras.

GIROUETTE
Le 3ème lion d’Arras

Le carillon comprend 40 cloches et joue chaque quart d’heure une ritournelle différente. 

Le carillon, fondu par Louis Bollée à Orléans en 1930, compte 37 cloches fixes auxquelles s’ajoutent 3 cloches de volée portant chacune un élément de la devise républicaine : ” Liberté ! Égalité ! Fraternité ! “.
À chaque heure, le carillon donne l’air « On ira voir la fête d’Arras » (Iras-tu vir el’ fête d’Arras, en patois voir la partition), créé en 1830 pour l’inauguration des fêtes d’Arras. Cet air est issu d’une chanson folklorique du 16ème siècle.
A la demi-heure, le carillon joue l’air de l’opéra de 1930 “Fra Diavolo” (de Daniel-François Esprit-Auber). Au quart de chaque heure, il donne un simple arpège et au trois-quarts d’heure, il le donne trois fois.

Le beffroi d’Arras se visite grâce à un ascenseur mais il vous faudra quand même gravir quelques marches. Un petit effort physique qui sera récompensé par une vue à couper le souffle !