CONFINEMENT RIME-T-IL AVEC STRESS ?

Depuis le début du confinement, télétravail ou pas, nous passons toutes nos journées à la maison et le programme n’en est pas moins chargé quand toute la famille vit ensemble 24h/24. Confinement rime t-il avec stress ?

Manque de relations sociales (hors cadre familial), anxiété, sédentarité, taille du logement, matériel non adapté, plus de 40% des Français se sentent actuellement en situation de détresse psychologique notamment ceux qui fonctionnent en télétravail avec conjoints et enfants sous le même toit !
La faute à une situation d’urgence (tous les collaborateurs n’étaient pas forcément préparés au télétravail), à une charge mentale en hausse, à un cumul des rôles au cours de la journée.
Ce ressenti est encore plus fort chez les managers qui portent sur leurs épaules leurs responsabilités habituelles mais également l’animation et la mobilisation de leurs équipes à distance, ce qui suppose parfois de gérer aussi le stress de leurs collaborateurs.

Beaucoup d’entreprises ont mis en œuvre des mesures de soutien psychologique et l’entraide est souvent de mise entre salariés.
Pour autant, comment ne pas se laisser envahir par le stress et vivre mieux les semaines à venir ?

Personne n’est épargné par le stress au cours de sa vie et ce n’est pas le confinement qui a fait naître en vous ce « mal du siècle ». Sauf que, en cette période inédite, vous avez le sentiment que le stress côtoie votre vie de plus en plus près ! A défaut de l’éliminer, on peut apprendre à mieux le gérer car le stress a des conséquences majeures sur notre santé et notamment sur le risque cardio-vasculaire.

On distingue deux types de stress
Le stress aigu fait suite à une émotion forte et brutale. Une mauvaise nouvelle, un événement à enjeu fort, un accident, une dispute, une colère… autant de situations « courantes » qui ont un impact négatif sur notre bien-être et susceptibles de déclencher un infarctus au regard de l’effet immédiat sur le cœur.
Dans le cadre du télétravail, ce stress aigu peut être provoqué par une réunion à laquelle on n’arrive pas à se connecter, l’impossibilité de se concentrer avec les enfants à proximité, l’incapacité à entrer en contact avec une personne nécessaire au solutionnement d’un dossier… et ces situations sont amplifiées par l’isolement (aucun recours possible après du collègue du bureau voisin !) !
Le confinement est également une situation stressante : manque d’idées pour occuper la famille, difficultés à gérer le suivi scolaire de plusieurs enfants en même temps, sentiment de toujours effectuer les mêmes activités, l’environnement désespérément identique…
Crampes, tremblements, sueurs, palpitations, montée d’angoisse sont des symptômes qui doivent vous alerter.

Le stress chronique découle de l’exposition prolongée et répétée à des situations qui nous font sécréter les hormones du stress. À la longue, il peut mener à l’épuisement de l’organisme. Il entraîne des maladies cardiaques, de la pression artérielle élevée, des taux de cholestérol élevés, du diabète de type II et de la dépression. Les personnes exposées à cette forme de stress ont généralement des points communs : polarisation par le travail, activités multiples, quête de reconnaissance, urgence du temps, exigence envers soi-même et les autres… des facteurs que vous connaissiez certainement avant la crise sanitaire mais qui sont aggravés par la situation actuelle de confinement et/ou d’exercice de la profession.
Fatigue, insomnies, troubles de la digestion, éruptions cutanées sont généralement ressenties par les stressés chroniques !

Bien entendu, des pratiques comme fumer, manger et boire plus que modérément, ne pas pratiquer de sport ou vivre dans un environnement pollué, augmentent encore les risques. Et justement, pendant le confinement, on a peut-être multiplié les “apéros” , forcé sur les pâtisseries maison et, of course, fait l’impasse sur l’abonnement à notre salle de sport !

Il est grand temps de nous rependre en main !

Si vous n’avez pas été convaincu (e) par les effets positifs de la slow life (notre article du 15 avril dernier), lisez-le une 2ème fois ! (slowlife/)

Un hygiène de vie au top
> Je bois moins de café et moins d’alcool
> Je réduis (à défaut de stopper si c’est vriament trop dur en ce moment) la cigarette
> Je mange équilibré et je profite de la variété des légumes et fruits de saison. (Je ne suis pas obligé de disposer d’un paquet de sucreries ou de biscuits à côté de mon ordinateur !)
> Je m’aère, (ainsi que la maison ou l’appartement), une fois par jour en pratiquant une activité sportive ou tout simplement en me promenant.
> Je respecte la qualité et la durée de mon sommeil (ce n’est pas parce qu’on est constamment à la maison que l’on doit se coucher « à pas d’heure »).

Du temps pour moi
Oui c’est déjà « la course ». Non, vous ne trouverez jamais 60 minutes dans votre emploi du temps, surtout pour ne « rien faire » (culpabilité quand tu nous tiens…). Et pourtant, c’est une des clés pour lutter le plus efficacement contre le stress. Il s’agit de laisser votre cerveau au repos pour une fois, d’éviter de le stimuler (pas de téléphone ni d’ordinateur, pas de livre ni de télévision…) et de consacrer ce temps à des activités telles que la marche, la natation, un massage maison, un bain relaxant…. Bref « videz-vous la tête » !

Des activités « bonheur »
> Usez et abusez du rire ! Il a des vertus anti-stress prouvées.
> Parlez avec votre entourage,
> Exprimez vos sentiments, vos émotions à une personne de confiance, à un service d’écoute en ligne, à votre « journal intime ». Les laisser s’exprimer est une façon de les évacuer quand ils sont négatifs et de mieux en prendre conscience quand ils sont positifs !
> Pratiquez une activité « plaisir » qui vous tient à cœur

Apprendre la résilience
Faire preuve de résilience, c’est rebondir et se reconstruire après un moment difficile. Se dépasser, s’accrocher, ne pas baisser les bras. Si certaines personnes semblent détenir cette force de manière innée, il n’est jamais trop tard pour apprendre à mobiliser son élan vital. Quand une difficulté se présente à vous, réfléchissez au meilleur moyen de la résoudre et pourquoi pas à un Plan B ?

Des structures pour apporter un soutien

Cellule nationale de soutien psychologique COVID-19 
Aide pour la population française en détresse psychologique pendant l’épidémie et le confinement (Ministère de la santé)
0 800 130 000 (7j/7 24h/24)

Croix-Rouge écoute 
Service de soutien par téléphone (solitude, dépression, violence, addictions…)
0 800 858 858 (7j/7 24h/24)

Mieux traverser le deuil 
Plateforme d’écoute pour les personnes endeuillées
Audio, video ou tchat (7j/7 24h/24) 

SOS Amitié 
Accueil et écoute des personnes en détresse et de leur entourage
09 72 39 40 50  (7j/7 24h/24)

Solitud’Ecoute 
Pour personnes de plus de 50 ans en situation d’isolement 
0 800 47 47 88 (7j/7 15h-20h)

LA VIE DEVIENT UNE CHOSE DÉLICIEUSE,
AUSSITÔT QU’ON DÉCIDE DE NE PLUS LA PRENDRE AU SÉRIEUX. » Henry de Montherlant
(romancier, essayiste, dramaturge et académicien français)