LILLE : REGARD SUR BEAUREGARD

Continuons notre promenade dans Lille et dirigeons nous vers la Place du Théâtre, son opéra, son beffroi et son rang du Beauregard. Encore une fois, levons les yeux : il y a tant à voir !

Couleurs des façades et boulets du rang du Beauregard

Ils sont visibles et pourtant beaucoup de badauds passent sans les voir ! Quelques boulets se sont incrustés dans les façades de cette curiosité architecturale que constitue le rang du Beauregard… Construit vers la fin du 17ème siècle, le rang du Beauregard est une succession  de 14 maisons ayant en commun des règles d’alignement et de hauteur, avec un plan à deux ou trois étages et un grenier mansardé érigés sur une grande cave, le tout construit uniquement en pierre et briques. Le rang doit (mais le sujet fait débat) son nom actuel à un belvédère érigé par le duc de Bourgogne, Philippe Le Bon, en 1425, situé juste en face, sur l’actuelle place du théâtre, et démoli en 1651.

rang beauregard
14 maisons identiques constituent le superbe rang du beauregard

Le rang comporte donc 14 maisons à deux travées. Les arches de grès du rez de chaussée supportent une travée de trois étages et une mansarde. Sur la façade, le haut des trumeaux  porte un écusson coiffé alternativement d’une ou de deux têtes de chérubins entourées de guirlandes. L’arc des baies est décoré par des cornes d’abondance et des clés. Le rang a été inscrit à l’inventaire des monuments historiques le 8 juin 1966.

Sur la partie droite, quelques boulets de canon sont incrustés dans la façade (positionnés là non pas par les canons mais par les propriétaires en commémoration), symboles du siège de Lille par les Autrichiens en 1792, Autrichiens qui bombardèrent Lille avec plus de 30 000 boulets ! Si vous regardez attentivement, vous verrez que l’un d’eux a été détourné en un sein rose. Levez les yeux, ce boulet coquin, se situe au-dessus de la Brasserie Morel (brasserie qui fut un des lieux de tournage du film « bienvenue chez les Ch’tis »)

boulet
Quelques boulets en commémoration du siège Autrichien

Le beffroi de la Chambre de Commerce et d’Industrie

Symboles de la puissance marchande des villes, les beffrois sont inscrits au Patrimoine de l’Unesco. Et à Lille, nous avons de la chance puisque la ville en possède deux ! 76 m de hauteur pour celui-ci et, en plus de lever les yeux pour admirer son horloge à 4 cadrans, tendez bien l’oreille … Son carillon, installé sur trois étages, compte 26 cloches pour un poids total de 2 tonnes. Il joue, selon l’heure ou la demi-heure, l’hymne européen (Ode à la Joie de Beethoven) et le P’tit Quinquin de Desrousseaux.

76 mètres de hauteur et un carillon à écouter

L’opéra de Lille

Il a été construit entre 1907 et 1913 mais il ne sera inauguré officiellement qu’en 1923… Suite un concours lancé par la Mairie, et remporté par l’architecte Louis Marie Cordonnier, la construction de l’Opéra fut laborieuse car le terrain était difficile. Pas moins de 1 050 pieux en béton seront plantés sur 5 mètres de profondeur pour solidifier les fondations de l’édifice. En 1914, les Allemands l’occupent, alors qu’il est en cours de finition, et réquisitionnent une partie des meubles. Ils achèvent les travaux et inscrivent sur son fronton « Théâtre allemand ». La première représentation, à Noël 1915, par des artistes berlinois qui interprètent Iphigénie de Goethe, est donc allemande. Les artistes allemands quittent l’Opéra fin septembre 1918, après avoir détruit tous les décors et machineries de scène. La fin de la guerre sonne la restauration de l’Opéra, qui rouvre en 1923, pour sa première représentation française. L’opéra a été rénové en 2003 pour l’événement international Lille 2004, Capitale Européenne de la Culture. Il est actuellement dirigé par Caroline Sonrier.

Un opéra rénové en 2003

En pierre calcaire, la façade comporte trois travées, le premier étage étant percé de trois larges baies cintrées qui éclairent le grand foyer. Un groupe de statures réalisé par Hippolyte Lefèbvre, illustre sur le fronton, la Glorification des Arts. Autour d’Apollon, Dieu des Arts, neuf muses représentent la poésie, la musique, la comédie, la tragédie et d’autres arts lyriques ou scientifiques. L’intérieur est sompteux et nous vous invitons vivement non seulement à effectuer une visite mais surtout à assister à une représentation (dès que ce sera possible !)

Grand’Place, puis Place du théâtre, nous cheminons à travers Lille et savourons ses curiosités, témoins de sa richesse architecturale et de son histoire mouvementée. Nous n’avons parcouru que quelques centaines de mètres et il reste tant à voir !!!
Promis, je vous en dis plus très prochainement.