NOTRE DAME PANETIERE GARDIENNE D’AIRE-SUR-LA LYS

collegiale saint Pierre

La collégiale Saint-Pierre, classée monument historique depuis 1862, est liée au culte de Notre-Dame Panetière dont la statue est située en proximité de l’autel, sur la gauche du jubé. Chaque année, le 15 août, jour de l’Assomption, la statue sort de la Collégiale pour une procession dans toute la ville d’Aire-sur-la-Lys.

Des dimensions de cathédrale pour une collégiale

L’église Saint-Pierre est l’un des monuments les plus importants de style flamboyant et de la Renaissance dans les Pays-Bas méridionaux. La collégiale Saint-Pierre a les caractéristiques d’une grande cathédrale, mais comme il n’y a pas d’évêché à Aire-sur-la-Lys, elle ne peut pas revendiquer le titre de cathédrale ; on l’appelle donc collégiale. Pourtant, les dimensions de l’édifice sont impressionnantes et concurrencent certaines cathédrales :

  • longueur totale extérieure : 105 mètres ;
  • largeur totale extérieure : 40 mètres ;
  • largeur de la nef centrale : 10 mètres ;
  • hauteur des voûtes latérales : 10 mètres ;
  • hauteur des grandes voûtes : 20 mètres ;
  • hauteur de la tour : 65 mètres.

Eglise paroissiale de la ville d’Aire-sur-la-Lys depuis 1802, la collégiale fut, à l’origine, l’église du « Chapitre de Saint-Pierre d’Aire », un chapitre de chanoines fondé en 1059 par le Comte de Flandre Baudouin V. Le Pape Calixte II en confirma l’institution en 1119. L’église actuelle fait suite à une église romane, consacrée en 1166 par l’évêque de Thérouanne, Milon 1er. Elle succomba de vétusté à la fin du XVe siècle et il n’en reste que quelques pierres ainsi que les bases des piliers de l’abside que l’on peut voir dans le chœur de l’église actuelle, sous les dalles de verre.

Les travaux de construction de la nouvelle collégiale se prolongèrent pendant tout le XVIe siècle. Des pierres sculptées précisant les dates d’avancement des travaux sont visibles à l’intérieur et à l’extérieur. La tour s’écroule pourtant en 1624 et la collégiale est achevée en 1634. L’édifice a malheureusement subi de terribles dégâts lors des multiples conflits et guerres. Elle fut notamment détruite lors du siège de 1710, attaquée lors de la révolution puis bombardée lors de la seconde guerre mondiale le 8 août 1944. Sans relâche, la collégiale a été reconstruite dans le respect du plan d’origine ! Elle se présente sous la forme d’un haut édifice rectangulaire, avec une façade de 3 étages, un peu plus élevée que la toiture et une abside arrondie. Ses fenêtres sont larges et ses contreforts peu saillants. La collégiale est constituée de grès, de briques et de pierres blanches. Il ne reste presque rien du mobilier ancien après les destructions survenues en 1710, sous la Révolution et en 1944.

Deux chefs d’oeuvres à admirer !

Un buffet d’orgue du XVIIe siècle provenant de l’Abbaye de Clairmarais. Le  buffet a été sculpté par Crépin & Gérard Sibriecque en 1633, l’instrument est de Jean-Baptiste Frémat en 1793, restauré par Danjou en 1840, réparé par MICHEL,MERKLIN&KUHN en 1965, et restauré en 1996 par Michel Garnier.

orgue Collégiale
Splendide buffet d’orgue

La statue de Notre-Dame Panetière
A Aire sur La Lys, on célèbre la Vierge Marie sous le nom de “Notre Dame Panetière”. Et cela depuis le début du XIIè siècle. La légende de Notre-Dame Panetière date des guerres de Philippe II Auguste, roi de France de 1180 à 1223. Une coalition contre le roi, formée par l’Empereur Otton IV, Jean Sans Terre, roi d’Angleterre, et le comte de Flandre, Ferrand de Portugal, assiège la ville d’Aire-sur-la-Lys en 1213. Le peuple, affamé, prie et invoque la Vierge de mettre fin à ses souffrances. Un miracle se produit sous la forme d’une charrette de pain qui entre dans la ville quelques semaines plus tard. Les bourgeois et les soldats repoussent les agresseurs et permettent de frayer un chemin au convoi du roi de France chargé de vivres. C’est donc en mémoire de l’arrivée de ces secours alimentaires que la sainte Vierge Marie fut dès lors invoquée sous le vocable de Notre-Dame de la Panetière.  La statue de l’église Collégiale Saint Pierre date de 1510. A la Révolution, elle fut vendue comme bois à brûler, et sauvée par un boulanger qui la cacha dans un four à pain inutilisé.
Le 8 août 1944, la statue de Notre-Dame fut mise en pièces par un bombardement. Elle fut pieusement reconstituée avec les morceaux préservés.

notre Dame Panetiere
Notre Dame Panetière veille sur l’assistance

Pendant 10 ans, la collégiale, en piteux état, fut interdite au culte. En 1954, après la restauration de la collégiale, Notre-Dame Panetière fut couronnée gardienne de la cité par une couronne d’or, confectionnée par un joaillier de Paris et offerte par les habitants d’Aire et des environs. Le 8 Août, 10 ans jour pour jour après le bombardement, la Collégiale fut rendue au culte.

De passage à Aire pour assister au lancement de l’impression du magazine Place-to de juin, j’ai eu envie de revoir la collégiale dans laquelle je ne m’étais pas rendue depuis une quinzaine d’années. Majesté de l’édifice et sérenité du lieu valaient bien cette visite que je vous recommande !